Avant de partir, je m’étais souvent demandé de quoi aurait l’air cette première rencontre. Nos échanges par courriels, particulièrement les derniers, m’avaient fait vivre d’étranges sentiments.
On s’est rencontré, on a passé la journée ensemble, le lendemain aussi, avec So, et la semaine d’après avec Didi, et ainsi de suite. Là je vais vite parce que le temps m’a rattrapée encore plus vite : je pars tantôt rejoindre Karo à Berlin. Tout pour dire que plus on passait du temps ensemble, plus le sentiment d’amitié que je pensais avoir envers Karo se révélait bien plus grave que ça.
Depuis l’été d’avant, on s’écrivait et on se répétait là, de vive voix, par rapport à notre relation : There is something… mais sans jamais identifier ce que c’était. C’était mystérieux. La veille de mon retour à la maison, ce que je ressentais était très clair. Le something s’était confirmé pour moi durant mon séjour, mais qu’en était-il pour elle? Le savoir n’était pas chose simple sans heurter quelqu’un: aux dernières nouvelles, Karo était hétéro.
J’ai quand même pris mon courage à deux mains gantées de blanc et je lui ai demandé : Ça se peut tu que tu sois amoureuse de moi comme je le suis de toi? (mais en BEAUCOUP MOINS CLAIR que ça). Sa réponse expéditivement nerveuse m’a donnée comme un coup de poignard dans le cœur, mais elle avait l’avantage d’être ambiguë (There was something anyways) j’ai avalé mon sushi de travers, mais j’ai continué de respirer.
Je sais ce que c’est que d’être amoureuse sans le savoir. La première fois que ça m’est arrivé, c’était avec une femme et ça m’a pris six mois avant d’allumer. C’est mon amie, je l’aime beaucoup, beaucoup, beaucoup, bea.. heu? Hein?!? Et VLAN! La réalité qui te saute en pleine face. Quand l’idée ne t’as jamais traversé l’esprit parce que tu aimes les hommes, t’as le droit d’être surpris. Après, tu fais quoi? Tu refoules? T’essaies d’oublier? Ou tu fais une femme de toi pis t’assumes?
Je sentais que Karo vivait à peu près ce que j’avais vécu auparavant, mais il était aussi possible que mes propres sentiments pour elle me jouent des tours - dans le sens désagréable du concept de tour. Aussi, il était possible qu’elle ne veuille pas d’une relation avec une autre femme, qui plus est à l’autre bout de l’Atlantique.
Sauf que deux jours après mon retour à Québec, on a passé plus de cinq heures ensemble sur Skype. Cinq heures. C’était une confirmation pour moi que mon impression était bonne : something était amour.
Restait à savoir si, quand elle allumerait à son tour, elle allait vouloir se lancer dans cette histoire.
Restait à savoir si, quand elle allumerait à son tour, elle allait vouloir se lancer dans cette histoire.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire